Huit ans d'immobilisme politique
Submitted by Guillaume Plas on 10 March, 2008 - 20:02. Belgique | Français | none | Réforme de l'EtatHuit ans d'immobilisme politique ont accentué la faillite de la l'Etat Belge
Par Guillaume
Pendant 8 ans la Belgique a été gouvernée par les libéraux et les socialistes avec à sa tête le premier Ministre Guy Verhofstadt, libéral VLD, secondé par le vice-premier ministre, SPa, Johan Vande Lanotte et la vice-première ministre Laurette, Onkelinx, P.S.
Ce gouvernement n'a pas gouverné, mais a brillé par son "immobilisme politique", en laissant pourrir tous les problèmes politiques importants dans le seul but de survivre pendant deux législatures.
Sur le plan institutionnel l'arrêt de la Cour d'Arbitrage (actuellement Cour constitutionnelle) obligeait le Gouvernement belge à adapter sa législation en matière électorale dans l'arrondissement Bruxelles-Halle-Vilvorde, au plus tard pour le 18.5.2007.
Ce problème était politiquement si délicat, que le premier ministre Verhofstadt a fait preuve d'une lâcheté politique impardonnable en n'exécutant pas l'arrêt, dans le seul but de survivre en tant que premier ministre.
Il est présenté comme le "sauveur" de la Belgique alors qu'il quittera la scène politique belge en laissant les caisses vides, en ayant bradé scandaleusement les biens de l'Etat et en ayant mis les problèmes politiques au "frigo" tels que BHV, Zaventem, suppression des cabinets ministériels etc. au lieu de les résoudre comme c'était son devoir de premier ministre.
Gouverner, c'est prévoir, c'est agir, c'est résoudre les problèmes politiques au lieu de les mettre au frigo, c'est assainir les finances publiques, c'est moderniser et rationaliser les services publiques.
De tout cela le Gouvernement Verhofstadt n'a rien réalisé. Les ministères dysfonctionnent, les finances publiques sont dans un état désastreux, les impôts ne sont pas perçus convenablement, la fraude fiscale et sociale n'a pas été réprimée de façon efficace. Ayant été empêché de brader encore les bâtiments publics pour l'année 2007, il termine son mandat avec un déficit budgétaire d'environ 3,5 milliards d'euros. P.S. Leterme I va aussi vendre des biens publics pour vivre au-dessus de ses moyens. On augmente le budget de la coopération au développement, mais chaque mois la dette publique augmente et le nombre de pauvres en Belgique s'accroît, mais cela laisse nos politiciens indifférents. On vend les biens de l'Etat et on augmente la dette publique pour pouvoir donner ce qu'on n'a pas, et on a le culot de dire que les pensions ne pourront plus être payées. Sur la liste d'attente des handicapés en Flandre il y 9000 personnes qui n'obtiennent pas d'aide, mais la Flandre est soi-disant si riche. En Wallonie il y a des régions sous-développées où rien ne se fait pour réellement améliorer la situation, le chômage est endémique.
De qui se moque-t-on? Il suffit de consulter l'agence fédérale de la dette publique pour se rendre compte comment la Belgique s'enfonce de plus en plus dans son endettement. Pour pouvoir donner on augmente la dette publique et on vend les biens publics. Cela s'appelle "bien gouverner".
Tous les moyens étaient bons pour tromper les Belges au sujet de l'équilibre du budget :
1° La vente des réserves d'or (30 tonnes) [i][i][1]
2° vente de bâtiments publics prestigieux (ministères, palais de justice, ambassades, etc.,) bradés pour un prix dérisoire, avec une clause obligeant à louer les biens à l'acheteur pendant 20 à 30 ans, à des conditions désavantageuses. [2].
La Cour des comptes a critiqué en vain la dilapidation des biens publics par le Gouvernement Verhofstadt-Vande Lanotte-Onkelinx. Celui-ci n'en a pas tenu compte.
3° Reprise de fonds de pension, obligeant ensuite l'Etat à payer des pensions à des milliers de personnes, à la place de l'organisme cédant son fonds de pension.
4° Amnistie fiscale pour les fraudeurs fiscaux qui rapatriaient leur argent, permettant d'encaisser ainsi par une opération unique quelques millions d'euros.
5° Le ministère des finances ne percevant pas les créances fiscales par dysfonctionnement, l'arriéré fiscal est énorme. L'Etat n'a trouvé d'autre solution que de vendre les créances fiscales pour environ 10 milliards d'euros pour une somme dérisoire à une banque.[3] L'arriéré fiscal invraisemblable prouve le dysfonctionnement du Ministère des finances, comme l'arriéré judiciaire considérable, prouve le dysfonctionnement du Ministère de la Justice et cela depuis plus de 15 ans.
Rien que la façon scandaleuse dont les biens de l'Etat fédéral ont été bradés nécessiterait une commission d'enquête parlementaire. Ces commissions étant purement politiques, elles ne servent hélas, généralement à rien d'autre qu'à faire la publicité des mandataires qui y siègent. L'omerta politique est la règle respectée par la majorité, comme par l'opposition, parce que l'opposition d'aujourd'hui devient la majorité de demain. L'opposition sait jusqu'où ne pas aller trop loin dans la critique.
Les conséquences pour le budget de l'Etat seront désastreuses pendant des dizaines d'années vu le coût des contrats de location désavantageux à honorer parce qu'on a vendu les ministères, les ambassades, etc., et des pensions supplémentaires à payer à cause de la reprise de plusieurs fonds de pension.
Les méthodes charlatanesques de gérer le budget pendant 8 ans par Verhofstadt et le ministre du Budget Johan Vande Lanotte ont appauvri l'Etat qui ne possède presque plus rien, si ce n'est sa dette fédérale colossale de 290.342.192.269 (21.3.2008) euros selon l'agence fédérale de la Dette publique. Ces chiffres ne sont nullement sûrs vu les "trucs" ingénieux utilisés pour ne pas inscrire toutes les dettes à charge de l'Etat dans la comptabilité publique fédérale.
En effet, dans le journal "De Morgen" du 9.2.2008, on lit que la dette publique fédérale est montée jusqu'à 288,2 milliards d'euros. Au cours des quatre dernières années la dette publique a augmenté avec 25,2 milliards (donc plus de 1.000 milliards de FB et en 2007 la dette a augmenté de +- 15 milliards d'euros (env. 600 milliards de FB. L'agence de la Dette publique fédérale affiche le chiffre de 259.165.042 euros à la date du 19.3.2008. On la voit pratiquement augmenter chaque mois.
La Belgique n'a pas la possibilité d'investir sérieusement dans la politique scientifique, la recherche, l'économie et la justice, la modernisation de l'Etat, parce qu'elle doit payer des sommes astronomiques en intérêts sur la dette publique, soit environ 18 milliards d'euros par an. Ces remboursements énormes d'intérêts sur la dette publique, bloquent complètement toute politique de redressement du pays. Elle se trouve en même temps confronté avec l'entretien de 7 parlements et de 6 gouvernements qui se chamaillent et se font des procès, mais que le contribuable doit évidemment payer.
Supprimer le sénat reconnu comme superflu et inutile serait au moins un parlement en moins que le contribuable ne devrait plus entretenir à coup de millions d'euros. La Belgique unitaire fonctionnait indubitablement mieux.
L'Etat dont les "caisses sont vides" comme on le dit dans les journaux, vient d'octroyer une augmentation par indexation de la liste civile du Roi et des dotations aux princes et princesses pour un montant de 800.000 euros (34 millions de FB-) exonérés d'impôts, la famille royale n'étant pas imposable sur ses revenus. [4]. La veuve du Roi Baudouin se voit octroyer une augmentation de plus de 25.000 euros nets, ce qui fait que cette dame âgée touche une pension de 1.472 millions d'euros (nets) pour vivre dans un palais mis à sa disposition. Quand on sait que le président des Etats-Unis ne gagne que 342 495 euros par an, on peut affirmer que la dotation annuelle à la veuve du Roi Baudouin est démesurée, exorbitante, incompréhensible. Ce qui est également scandaleux c'est que la famille royale puisse faire gratuitement des voyages totalement privés sur le compte du contribuable.
C'est le journal "Het Laatste Nieuws" du 30.1.2008 qui nous l'apprend via la bouche de l'ex-ministre Flahaut qui dit que la veuve du Roi Baudouin, Fabiola utilise régulièrement un avion "Falcom" de l'armée belge pour aller voir sa famille en Espagne, ce qui coûte des dizaines de milliers d'euros, mais que ces voyages privés ne sont pas facturés. C'est le contribuable qui paie pour cette "richissime veuve de 80 ans" ses visites familiales avec un avion militaire luxueux et coûteux. Un militaire qui utiliserait ainsi un avion militaire pour ses voyages privés se trouverait poursuivi devant le tribunal correctionnel. Aucun article du budget de l'armée ne prévoit de prendre à charge les voyages privés de la richissime Fabiola, tout comme aucun article du budget de l'Armée ne prévoyait l'embellissement de la Villa du Prince Laurent aux frais du contribuable.
L'entretien des enfants du Roi à charge du contribuable, l'exonération fiscale des revenus de la famille royale, tout cela est une injustice flagrante, des privilèges dignes de l'Ancien régime, alors que les travailleurs doivent payer 49% de charges sur leur travail et que les caisses de l'Etat sont vides. Ce n'est pas ainsi qu'on fera des économies pour rembourser la dette fédérale gigantesque de l'Etat belge.
Verhofstadt avait promis de faire de la Belgique un Etat moderne et prospère et s'engageait à supprimer les cabinets ministériels, en instaurant un système comme aux Pays-Bas, où les ministres travaillent uniquement avec les ministères. (sans cabinet) C'est beaucoup moins couteux et évite la politisation totale. Cette promesse, comme toutes les autres qu'il a faites, sont restées lettre morte et il laisse la Belgique non pas modernisée, mais délabrée. Il ne laisse pas un Etat modernisé, mais un état en déconfiture politique, désargenté, qu'il a dépouillé de ses biens immobiliers les plus importants.
Jamais un premier ministre n'a utilisé le mensonge politique d'une façon aussi constante que Guy Verhofstadt. Les effets de sa politique désastreuse commencent déjà à se faire sentir avant son départ prévu pour le 28.3.2008. Vendre les biens de l'Etat n'est pas assainir les finances publiques. Verhofstadt n'a pas gouverné, il a simplement voulu durer en laissant tous les problèmes à ses successeurs. Ceux-ci n'ont plus grand-chose à vendre. Il n'y a ni réserves valables pour garantir le paiement des pensions dans l'avenir, ni des réserves pour assurer notre système de sécurité sociale, et on dénombre 1,5 millions de citoyens en Belgique vivant dans la "pauvreté".
Actuellement les 6 gouvernements que la Belgique compte totalisent 60 ministres et secrétaires d’Etat, un record absolu mondial, et ces appétits ministériels démesurés rendent le pays ingouvernable. Coût 2 milliards de F.B. alors que les caisses sont vides et on prétend que les politiciens agissent pour l’intérêt général. C’est eux qui font le lit de l’extrême-droite parce qu’ils créent le chaos dans notre pays par la multiplication des mandats politiques à tous les niveaux.
Verhofstadt lui-même découvre maintenant que les caisses de l'Etat sont vides, comme si lui et les autres ministres ne sont pas les responsables, coupables.
Guillaume Plas
[1] Communiqué de Presse Banque Nationale de Belgique 10.8.2005
